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 Le candidat UMP a opposé, hier, son « pacte républicain » au « pacte présidentiel » de Ségolène Royal.
  Deux heures avant sa concurrente, le candidat UMP ouvre donc les hostilités en détaillant son projet d'« ouverture politique ». Clin d'oeil à la gauche, l'équipe Sarkozy a convié les 3 000 responsables des comités de soutien locaux à la Mutualité, en plein Quartier latin, à Paris.
 À la « Mutu », salle phare de la gauche, ministres et députés UMP s'installent aux premiers rangs, laissant debout derrière eux les nombreux non encartés UMP. À la tribune défilent les symboles de cette « ouverture » sarkozyste : Vé­ronique Vasseur, ex-médecin-chef de la prison de la Santé ; Christian Blanc, ancien conseiller de Michel Rocard, et surtout André Santini, vice-président de l'UDF. Mais le candidat ne s'attarde pas sur ces ralliements.
Il oppose sa volonté de créer « les conditions d'un immense rassemblement ». « Les étiquettes, je m'en moque, les convictions, je les respecte », lance-t-il d'emblée. Dans un discours d'une heure, Sarkozy s'attache à démontrer sa bonne foi quand il parle d'« ouverture ». « J'ai dit, dès le début de ma campagne, que je voulais bâtir avec tous les Français un nouveau pacte républicain fondé sur la confiance et le respect. » Se posant en « président de la réconciliation », il promet qu'il ne sera pas « le président d'une France contre une autre », d'une « faction » ou d'un « clan ». À l'appui de sa démonstration, il répète qu'il veut aller voir « ceux que l'on ne va jamais voir » : les ouvriers, les paysans...
 « Je ne suis pas un conservateur, je ne le serai jamais », martèle-t-il encore, abordant au passage des sujets de société comme le suicide des jeunes et l'euthanasie. Sans citer le nom de Ségolène Royal, il fustige la « démocratie d'opinion », faisant ainsi ostensiblement référence à la « démocratie participative » et aux « jurys ci­toyens » de la candidate PS. « Je ne comprends pas que l'on puisse être candidat seulement pour accompagner le mouvement sans vouloir à aucun moment l'infléchir », lâche-t-il. Mais, plus globalement, en filigrane de ce discours centré sur les valeurs, Sarkozy cherche à séduire les électeurs de gauche tentés par le vote centriste. « Bayrou est utile car il attire des électeurs qui n'osent pas encore voter pour moi. Il sert de sas de décompression », confiait-il au Figaro il y a quelques jours. Sarkozy semble désormais déterminé à les récupérer dès le premier tour.
 Mais l'ouverture a ses limites. Avant le candidat, l'ancien ministre François Fillon s'est chargé de tirer à boulets rouges sur une gauche qui « paie vingt ans de vide intellectuel et de cynisme politique ». Le conseiller de Sarkozy enfonce le clou : « C'est pour ne pas avoir dé­voilé au grand jour sa vacuité intellectuelle que le PS s'est choisi une candidate surprise, mais sans cap. » Et Fillon de conclure, sous les applaudissements, « voilà pourquoi de plus en plus de Français, y compris de gauche, se tournent vers nous ». Il cite alors les noms des écrivains et philosophes Max Gallo, Pascal Bruckner, Marc Weitzmann et André Glucksmann. Des hérauts, il y a encore peu, de la gauche intellectuelle. Mais aucun d'entre eux n'a voulu faire le déplacement à la « Mutu ».
JD
Le Figaro, 12 février 2007
 
Tag(s) : #jeunespop55

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